Vendredi 5 septembre 2008 5 05 /09 /Sep /2008 02:02
nous preparons notre sejour a l hopital psychiatrique, de maniere conjuguee, en cure de desintoxication, parce que le 11 septembre madame, nous faisons banqueroute,apres s etre acquittes de toutes nos dettes et nos factures nous ne pourrons acheter notre kepab, ni nos cigarettes, la solution consiste alors a se rendre a l hopital psychiatrique le plus proche, quatre repas par jour plus une consultation, c est la Fin, nous nous rendons,

quoi de plus sordide que de s epancher ainsi dans les oreilles de ses detracteurs, ces gens me jugent mal je dis, comme mon frere, mes cousins, mes tantes, quelque part un jour j aurai ma recompense, ma casquette a helice qui sera ma niche, mon Oeuvre sera publiée, le scenario sera vendu a Hollywood, j en tirerai plusieurs centaines de milliers de dollars, cet argent, avec la rente de la societe immobiliere me permettra de ne pas pratiquer comme medecin, mon unique but et raison de vivre,

et je suis malade, elle dit la frau doktor, madame frau me prescrit des boites de leponex, je lui ai avoué que j en abusais, elle s en foutait, elle me felicite,

un jour je serai ecrivain, le challenge serait d ecrire une fiction coherente, avec une trame, un debut, un deroulement, une fin, l Oeuvre Minable repond a ces criteres, je serai un de ces auteurs que personne ne lit, tout de meme je voudrais qu ils achetent, qu ils repondent, veulent me toucher meme, me harcelent et m assassinent

je vais imprimer l Oeuvre Minable, (...), ensuite je vais l envoyer a une variete de maisons d editions, je demanderai 5000 euros a mon pere, et je creerai ma boite fantome avec pour seule vocation celle d imprimer, de distribuer et de promouvoir mon Oeuvre, je souddoyerai les libraires s il le faut, puis j irai a Hollywood, je vendrai a la criee, ca fera des sensations, s il faut dilapider 5000 euros allons nous y, c est le montant de mon capital, je me suis installee dans la Silicon Valley par caprice, j emploie un secretaire qui tient mon agenda, je le paie avec ma rente, a venice beach des exemplaires seront distribues par des jeunes gens denudés, JE SUIS PARTOUT, l Oeuvre minable VOUS ALLEZ FINIR PAR LA SAVOIR, si ma politique de promotion, ainsi que ma recherche d investisseurs echoue, j ouvrirai une clinique, et je deviendrai celebre
pour mes actes charitables, mes operations audacieuses, mon audace prescriptrice, je serai loué dans toute l Amerique, des messes me chanteront en heros, oui je suis perdu dans un scenario improbable ou je me prendrais pour un medecin, je soigne des enfants tout ce temps, et j oeuvre pour le Monde car mon Oeuvre a echoué

voila quel etait mon plan, tout ce temps
Par morula
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Vendredi 5 septembre 2008 5 05 /09 /Sep /2008 00:03

un robot peut etre programmé a decrypter les expressions d autrui ou meme par la suite les evenements, les branchements atteindraient un centre de connections de ses unites intelligentes dedié a l Angoisse, il correspondrait a l amygdale, qui est activée si les effets de realité ne sont pas desirés, dans la situation de Grande Peur (qui est une punition de l organisme et se manifeste le plus souvent soit par une angoisse, soit ),

la peur est elle necessaire a la domestication? A vrai dire les robots produits par la Societé Secrete etaient maintenus dans un etat de Terreur Durable, la peur s exprimant par une decharge d adrenaline du creux de la glande surrenale, et de noradrenaline pour les 20%  restantes, le role de la dopamine n est pas clair dans l explication des processus de defense necessaires a la survie,

le signal (1) se propage, il correspond a un potentiel d action circulant le long des prolongements nerveux d une cellule, dans le cerveau... entre la retine, les collicules superieurs, a chaque fois a lieu une commutation sur une autre Cellule madame, puis le pulvinar du thalamus et enfin l Amygdale sans passer par le cortex,

la Grande Peur a la difference de l angoisse (et du confort qui y est associé) aurait un objet.. dans le champ de vision du sujet meme, a caractere binoculaire en vertu du principe de symetrie, nous avons deux retines, deux champs d impression de la realité 3 dimensionnelle, la courbure du globe occulaire permet de rendre compte de la realite a plans perpendiculaires, ils se coupent a 90 degres d angle, c est la loi, les deux surfaces d impression de l experience empirique sont soumises a des images dissonantes maintenant

(nous considerons un sujet rendu sourd, de preference afin de faciliter l experiene, le projet le plus fou du Laboratoire d Absynthe Terminus, à l Observatoire des Conjonctures Mondiales, par ailleurs une plateforme d inputs numeriques avait ete lancee dans l Espace, en effet le principe de credibilité voulait son independance totale de toute Perturbation, l Objectité Absolue de son Oeil, messieur dames!),

la pellicule du film est disposée sur un globe de 270 degrés

, un candidat pour le test se propose de participer a ma recherche, je lui explique, c est a la cave, les projections de films dans les deux yeux, deux images que l ont chercherait ainsi a rendre consonnantes, alors que la Conscience du Sujet rejettait la possibilité de leur accord meme),

l eclairage genere des zones d ombres, des grottes aux deux bras, deux mains, deux jambes, je vois double maintenant, scenario numero 1, le sujet a peur, le deferlement de la Peur pousse a l Action plus qu autre chose, si la Peur est reelle Fight and Fly dans l organisme concerné, le systeme nerveux sympathique connait une activité intense de production, de transport, de stockage et enfin de secretion de mediateurs, de l adrenanaline, de la noradrenaline qui est aussi produite par les terminaisons nerveuses, et de la dopamine dans les circuits meso-limbiques s etendant du Corps comprenant le thalamus, l hypothalamus aux corps mamillares, cette hormone y jouait y role sans doute, comme dans le Corps composé de plusieurs zones de noyaux interconnectes, les ganglions basaux, direction le thalamus, puis l amygdylale, une partie des zones limbiques archaiques ,

vos amygdales sont situées de part et d autre de votre tronc cerebral, un peu plus en haut, temporalement, elles font partie d une zone de noyaux aux fonctions deduites ab absurdo du constat de l Existence de zones de cerveau n etant ni dediées aux facultés cognitives, sensorielles, ou motrices! Ces zones d incertitude, on les appela Zones Limbiques, l equivalent du Cambodge en mon cas personnel, "good morning vietnam" sur la stereo, vous apprecierez ma tentative de partager mon Bonheur, ma Joie, mon infini sur l echelle positive de la Valence, les Emotions se positionnernt sur une echelle a 3 axes, facilement modelisables pour un minijeu Facebook, quand a moi je ne chercherais qu a voler quelques fruits au Paradis, que je vous ramenerais en guise de Preuves, (...)

"nous entrons en zone demilitarisée"  ces centres archaiques deux petits Hippocampes sont le lieu de stockage des faits et evenements dans le module Memoire... quelques crottes de mouches au nom improbable, le plus rapproché possible du Corps Rempart qui est le sien, le mesencephalon d une certaine maniere, dans cette coupe qui etait ... frontale.. mon cerveau serait disséqué, pour cela on me romprait le crane, on le couperait ensuite en tranches, je souhaite qu elles soient le plus propres possibles, messieurs les notaires

c est ainsi que surgit la Menace de l alteration de son Bien Etre propre, qui est le malheur.

Par morula
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Jeudi 4 septembre 2008 4 04 /09 /Sep /2008 23:59
le plan se serait retreci, a droite et a gauche, deux murs qui se rejoignent, on les a repoussés un peu, de la force de ses triceps, un effort surmontable pour un individu athletique, le danger est ecarté,

facile, et la suite du cursus, pareil du beurre il suffit juste de se rendre aux seminaires.je fais appel a votre reflexion, est il possible de supporter  145 minutes durant l immobilité, la claustration quatre fois par semaine, comme l obligation d avoir recours a des pratiques singulieres, celles de l examination? dans 3 ans je travaille a l hopital, je suis le medecin qui vous auscule, qui vous rassure, meme plus celui qui fait les prises de sang , certes on a peur autour de moi, dans le service circulent des angoisses nouvelles depuis que Ludwig Van rode dans les parages, elle est accoutrée d une blouse blanche avec un col echancré, elle porte toujours le meme jean, ses tennis sont usés, elle parle en chinois, en austrohongrois mais pas votre langue, et c est lui qui vous operera madame?

  la transmission de la Peur a l Amydgale est 2 fois plus rapide qu une transmission corticale ordinaire, la condition de la conscience, elle est pre consciente et la transmission du signal dure 60ms a peine de la retine aux noyaux archaiques, leur appartenance fonctionnelle a d autres zones corticales est discutee, le gouvernement a decidé que les Temps avaient changés, la Peur avait changé elle aussi, elle s etait modifiée en fonction du recul du Risque associé à la Vie dans les pays developpés, le Danger n avait plus la forme d une fuite, une course effrenee a travers une vegetation hostile,  dans des conditions de temperature et de pression plus ou moins rudes, un defi ou l individu risque sa vie devant le Predateur, qui est la creature de l espece superieure, le Tigre ou le Lion, ou le Conquerant, le violent envahisseur qui ravage vos terres, nous descendons tous du hun, du viol, du meurtre et du saccage, 5000 ans de Carnage qu en avais je retenu?

, *boum* un plasticage raté, voilà tout ce que j en aurais retiré, Madame

Par morula
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Mercredi 27 août 2008 3 27 /08 /Août /2008 15:26

EPILOGUE

 

 

 

Survivre a un suicide, se faire tirer dessus par des fanatiques, et retourner a sa merde, a proprement parler – dans un gigantesque appartement peuplé d insectes, sans rien a faire que de parachever le manuscrit. Benoit M s etait évincé et était parti crever dans les montagnes. L histoire d amour avait échoué. Comme ca je n aurai jamais senti son corps surplombant le mien, son ventre mou et l odeur acre de son souffle. Ou peut etre que si, mais la censure avait pénétré mon ame avec l appel imperieux du silence. Les petites fleurs de notre idylle seraient mortes et enterrées depuis longtemps. L eleve infirmier n en finissait pas de se tromper dans ses commandes de repas, et les infirmieres, de plus en plus mechantes semblait-il prenaient un vilain plaisir a me tourmenter. Jacques Vouvret lui aussi avait disparu de mes préoccupations.


 La lamentable machine d Etat, je m en rappelle, m avait traquée. La Société Ordurière trouvait son incarnation dans l appareil judico-psychiatrique, je me dis, dont le Herr Henrik Gateman est le représentant. Et je m en foutais, tout simplement, n ayant rien d autre a faire de mes journees que de continuer le recit de mon epopee dans les oreilles du psychiatre – ou de la fille de l organisation internationale, des infirmieres, de tout nigaud a l affut d une bribe de reminescence – tout a mon amnesie retrograde qui marquait la Fin de mon Histoire. Enfin à qui bon voulait l entendre, Alcide était une pute. C est sur la base de sa version des faits que j avais été inquiété tout d abord. “On va tous crever!” que j avais hurlé de la fenetre de la R5, en sortant de la decharge, et direction le 33. Un oeil crevé, arraché, et fendu au couteau – voilà ce qui le menacait, ce psychiatre un peu, que je dis. Le cas de Ludwig Van et de Benoit M. deux carambins etait sur le point... d etre reexaminé. Ces individus avait été placé sous surveillance des services secrets, sous protection de la Société Secrète, en raison d intérêts à la fois maconniques et sioniques, c est a dire iconoclastes.   Les bonnes medecines indigenes n auraient pas ete de trop pour me retaper. Les hallucinations n en finissaient pas de fuser. Et le cerveau, organe enigmatique, d etre decrypté au fur et a mesure que le programmme de decodage crachait son texte.

 

Mais que faire sinon s electrocuter dans une baignoire comme un lapin sanglant, en guise de vengeance. La Vérité, c est qu elle etait de plus en plus écoeuré de tout ce déploiement de violence. De tout cette explosion d energie tirée d un ailleurs improbable. La puissance developpée par l activité d ecriture est pour ainsi dire nulle. Il ne restait plus qu a baisser la tête, en ruminant ces erreurs. Le générique de Tetris remixé resonnerait encore une fois en ces premisses dératées. Le puzzle lentement se tournerait, a la maniere d une piece de jeu, que je manie a la manette. Les blocs tomberaient a une vitesse plus que reguliere et constante sur mon ecran. De plus en plus féroce, et mécanique, mon propre univers virtuel n allait pas tarder a s effondrer comme une ecluse qui s ouvre soudain. Et le barrage qui saute, les eaux qui se precipitent ! Peut etre n etait ce pas Benoit apres tout, qui avait égorgé Trevor Daniels. Il n etait pas si intelligent, du haut de sa morgue funèbre – et avait pour seule qualité celle de vénérer les petits chats mignons. La chatte sauvage, cette nuit, avait donné naissance à 6 petits. Ils allaient bientot etre ecrabouillés par la roue arrière d une voiture. “Paf, a reculons”, que je fais – . je recule avec la R5, je remets la marche avant, et je démarre!

 

 

Par morula
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Mercredi 27 août 2008 3 27 /08 /Août /2008 15:25

2.

 

 

J attendais sans grande faim que passe la Brigade du Petit Dejeuner, dans son uniforme vert. Les élèves infirmiers et le préposé à la chariotte des plateaux repas nous distribuaient notre lot de tartines et de confiture. Tout ce temps je comptai le mal que je m etais donnée pour en arriver la ou j en etais, j enrageais , à vrai dire je ne savais plus comment les rendre excitants mes espoirs. J allai boire un autre café sans cafféine, le demander gentillement en sonnant la cloche.  L important étant de dépasser ce niveau d impuissance auquel l Etre etait arrivé. Jacques Vouvret s eloignerait mainteannt de mon univers malade, tout comme le caniche, Chouchou, que Benoit avait récupéré en filant comme un dalmatien. « Le Herr Henrik Gateman », que je fais, « je lui avais rien raconté ».  Car bientot, les remords et les regrets me prendraient, à l idee de ne l avoir pas un peu mieux floué. Mais peut etre que l Etre ne maitriserait plus rien de son destin, s il ne se demerdait pas bien. Il serait saisi par la machine judico-psychiatrique, et dûment traité, amené là ou il faut, avec les idiots. A l asile, soit, et le cercle se ferme. Et la ronde se fait, ou nous entrons tous les articulations legeres et graciles, pres a sautiller, pres a participer. C est comme un cauchemar qui se deroulerait avec les trémolos requis, et on s en souviendrait. C est comme ca que ca a commencé, ca elle s en rappelerait. La prison, la coupe vidée et le calice consommé, dans la plus pure innocence, et l irréparable commis, au pire. Le Sas d un service fermé, haute sécurité, dont certainement on ne saurait pas s echapper. Ma blessure me faisait atrocement souffrir. L injustice de mon destin de bombe a dopamine m assaillait avec la force des grands fracas.

 

 . Et on avait pas ete coffrée. On avait pas ete embarquée. La prison avait été évitée, l assistante sociale avait fait son boulot, envoyée par les autorités une fois la question du meurtre réglée. Elle etait venue fliquer – et bientot je lui eclate la tete contre l angle le plus obtus d une certaine commode. Le ´delire me reprenait à la manière d une nuit trop longue, quand je contemplais la longue enfilade de couloirs qui delimitaient ainsi mon existence. J etais arrivée dans le service 110 avec une balle dans le ventre, accident auquel j avais miraculeusement survécu. Mon univers se limitait ainsi au lamentable rythme des repas, le petit déjeuner, à 8.00, les infirmiers qui viendraient en brigade faire les lits à 7.00. Je les entendais deja, ainsi, ces charlatans, ces turlupins, dans leur salle de petit dejeuner, et de reunion, en train de commenter les evenements de la nuit. Tout, d abord, je ne m en souvenais pas, de cette histoire de marchands de carottes. J avais commencé a délirer tout haut, en pas, car j etais desormais sevré. J’étais en rade de tout, et on m avait donné de la méthadone, qui me rendait amorphe et suave, un bref moment. Ensuite le traitement avait été interrompu. Le psy du service medico-psychiatrique était plus que désemparé, et le récit des lapins volé se mettrait mainteannt a fureter dans son esprit. La Vérité, c est que la Descente était terrible, cette fois. Elle n avait jamais été pire. Je survolais le sombre echec de ma vie, du haut de mon ennui sans fin, et la mer, tel l empire de la platitude dont j etais le Vizir. Fiction et realité se melangeraient sans faille,

 

Mon corps malade ne me laissait pas de paix. Cette douleur qui lancait, par bourrasques presque continues, et le crissement des draps contre ma chair. Les relents de la bouffe de midi montaient encore dans la chambre. Encore une fois, l évènement du Nihil n aurait rien de glorieux. Ainsi je continuais mon récit, depuis cette chambre d eclopé, et ruminant les consequences non médiates de mes actes. Pourquoi l Arabe m avait tiré dessus, ca relévait de l affaire internationale, du plus au lieu, et je savais tout au mieux que je ne l avais pas mérité. Le sang aurait taché mes fringues, et Benoit aurait appelé le SAMU depuis son portable. « Les journaux n en feraient pas état », on se dit pour se consoler – et j avais l impression atroce que je claquais. Enfin des sensations! Certes, ce n etait peut etre pas la meilleure manière de vivre. Mais on s en rappelerait, dans sa douche, une fois la visite passée. Les docs n etaient pas très avenants et je ne trouverai personne pour simuler la compassion, seule avec ma blessure a laver. Une mission dont je savais me charger. “Comme un chien, sur les dunes”, que je radotais encore en pensant comme on m avait tiré. Le Herr Henrik Gateman aurait donc du nous retenir! Pourquoi nous avait il laissé filer. Après tout notre histoire était terminée une fois l acte accompli, une fois le cadre du parti égorgé, le principal témoin élíminé, on le croyait.

 

 

Le Herr Henrik Gateman était passé me porter un paquet de chocolats haribos. Des chocolats de luxe. Des journalistes eux aussi avaient été attirés par l embrouille. Alcide le premier était passé me consoler. L imbroglio prenait des dimensions planetaires il me semblait. “Vas te faire foutre je me rappelle plus de rien » que je chouinais de mon lit a cette vermine manipulatrice vue me voir.

_          Ludwig ? ses lunettes me semblaient équipées d une mini caméra incorporée dans la monture, quand il me fixait, comme ca. Vulnérable mais digne, j avais remonté l edredon sur mon ventre, ma blessure, malgré cette chaleur qui tournoyait encore dans le vertige des mois des mai.

_          « Oui » que je répondit, en m attachant a feindre un certain interêt, quand même.  Je roulais un peu des yeux, dilatés, toute a la liberté de ceux qui ne craignent plus les apparences, dans la conscience de leur surpuissance.  Le meurtre de Trevor Daniels n etait pas vraiment parvenu a la conscience publique. Tout cela avait été étouffé avec le flegme habituel. Seuls les Arabes, Al Kaida, même,  je me disais, pouvaient très bien revenir pour m achever. Et finallement je n aurais rien contre.  Ma copine de l organisation internationale arriva sur ce, ma seule amie. Pendant qu elle deversait ses histoires de bordel, d avocat, et de scandale  international je continuais mon propre discours dans ma tete. Je faisais semblant de l ecouter et en faisant “hm hm” de temps en temps – tel un enfant fatigué, qu elle se disait, son discours sentait tout plein la prolactine.

 

Un traumatisme evenement dans les coulisses du parti.”  Qu elle faisait maintannt me faisait maintenant, cette dinde. Une percée fulgurante des tortues biotech » j ajoute. Et le docteur me donnait a bouffer a la fourchette, tandis que je mastiquais avec application. Oui, voila que j etais le roi. Voilà ou Dieu intervient. “LE SEIGNEUR NE NOUS AURA PAS”, avait marqué Benoit M. en grandes lettres capitales sur son message ultime. Et encore, il allait peut etre se rappeler de ce rush psychotique le plus total qui ait pu se saisir de sa personne…. Et s il ne s agissait que de devisser le bouchon de l oeil de sa camera[MSOffice1]  ? Je cherchai à repasser une certaine image, celle du « refoulé » qu ils me disent, ou ce que l Etre avait « oublié » - « mais voyons, tu dois te rappeler ! » qu il faisait, Alcide, un peu, tout aigri, et décu. Si  l individu simulait ce que les médecins avait disagnostiqué comme amnesie retrograde, on ne saurait trop l affirmer.

 

. La voisine avec l’herpès qui envahissait toute sa face, et bien elle m importunait plus qu’autre chose. Elle se goinffrait d’Energy drinks à la vanille ou au chocolat, trois à la fois, ou les uns après les autres. La douleur me clouait littéralement contre le sol, il me semblait.  L herpes couvrait toute la face gauche du visage de ma voisine de chambre, et ses boursoufflures s etendraient sur la langue meme, sur les levres, une espece de pustule continue qui est... le virus. Car le herpes est un virus contenant de l ADN déjà, un genome propre pres a etre retranscrit, qui phagozyte vos cellules et s y introduit pour en modifier le programme, qui phagozyte vos cellules et s y introduit pour en modifier le programme á la manière d un troyen. Fort de ces considérations, je me tatais tous les matins quand à ma vélléité de témoigner, alors que le jeune eleve infirmier s acharnait a me demander, au meme moment, si j etais bien allé aux toilettes. Et les considerations au petit coin seraient des plus deplorables. Il me prenait le pouls, sans que je comprenne que j etais tachycarde, helas – et parfois me mettait le bracelet en caoutchouc autour du bras, 2 de tension, au plus. Le contact froid du stethoscope rejouirait ma chair de son avenement meme. La fable-monde etait bien parvenue a son paroxysme de connerie, je me dis. Ainsi le psychiatre de l hopital avait été rappelé a la rescousse une fois que j avais commencé mon histoire – j avais commencé par raconter les dunes, un peu. Et le Herr Henrik Gateman. On m avait mis au Leponex. La clozapine m empechait desormais de m etendre plus en avant, c etait certain. La bombe a dopamine n etait pas prete a exploser. Ou peut etre que si – et bientot je m eclate la tete contre le coin obtus d un bureau.

 

 



 [MSOffice1]« Le viseur de l objectif fort pétri d une empathie, ma fois, qui me faisait aujourdhui defaut. », dit la psychopathe. « un fleuve de guimauve, avec des bananes fondues… et les chamallows de glace, tout simplement. Oui, les chamallow n avait pas fondus, ils se seraient juste… solidifés, liquifiés... d indifference, exactement. Et les electrons retomberaient sur un niveau d energie inferieur [MSOffice1]. Et je serais fou, vraiment. Je serais fou, parce que je porterais… deux bandes de gaze, autour des avants bras… compressant – une douleur infinie... et un pansement autour du ventre. “le vietnam” que je fais a mon comparse qui avait disparu, dans ma tete. L heure des bilans etait venu, je le crois.

 

Par morula
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Mercredi 27 août 2008 3 27 /08 /Août /2008 15:24

1.

 

 

L infirmière de bloc, dans son pantalon en toile épaisse bleue avec le haut assorti, avait comme des cernes bienheureuses sur le facies. Le café du matin réchauffait leurs entrailles à tous, du haut de l aube habituelle, comme tous les jours.

_         Dans la chambre 88“, commence l infirmiere qui avait un facies avenant, „mlle. Beethoven.” l ironie propre aux sardoniques de bloc teintait ses propos d un foutage de gueule rampant – “une balle dans l abdomen, opérée cette nuit, a vomi et a parlé d Arabes –haldol 3mg, champix 1mg – elle a demandé de la méthadone.” – la réunion du personnel soignant avait lieu plusieurs fois par jours, on y relatait les petits faits de la journe, comme les divers evenements trouant l insignifiance de l habitude. L aide soignante portait son uniforme blanc retroussé en bas, avec des tongs.”Je me suis un peu inquiétée, les voisines de chambre egalement, elle parle d oiseaux de proie qui la poursuivent – et d un complot international” qu elle continue en allumant une cigarette d un air blasé. La consommation de nicotine etait des plus effarantes dans cet établissement médical. . “C est son comparse qui a appelé le SAMU avant que celui ci ne file”. “ne file et ne créve...un stupide road movie loupé, depuis des lieux meme pas sympa, une suite, une décharge ” elle grogna imperceptiblement, et rajouta insidieusement « par dela Bien et Mal », en référence à l anamnese realisee par l eleve infirmiere, et le stagiaire medecin – l information circulait bon train dans cette salle de loisir ou les infirmieres et aide soignants prenaient leurs pauses et tenaient leurs reunions. “Faut lui monter son haldol” qu elle fait cette infirmière du service de chirurgie à 6.15 ce matin. En réalité on ne savait plus trop quoi lui donner. “Faut lui envoyer le psychiatre” fait l autre, et tous se concertent, avec le pragmatisme des services de chirurgie

 

C est ainsi que je me réveillai, une perfusion au creux du coude, et revetue d une chemise de nuit informe à petits motifs bleus, et toute nue en dessous par surcroit,  dans une chambre d hopital. Ma voisine avait l herpes, et l autre, une vieille en manque de sensations, un sac à merde. Ou avions nous atteri ? Benoit m avait bien laissé en plan et j esperais bien qu il crève. Il avait nagé aussi loin qu il pouvait dans l Ocean – jusqu a ne meme plus voir aucune berge. Je ne lui en voulais point, mais je lui souhaitais bien des choses – adios, amigos, que je fis dans ma tête brouillée. Le Herr Henrik Gateman nous avait laissé filer. Merci. Trevor Daniels crevé, le cochon dans la décharge plus répugnant que jamais, et la fine poudre dans le nez. C est tout ce que je pouvais retenir de mon periple. L Etre savait juste qu il se retaperait lentement et reintègrerait son appartement berlinois plein de fourmis, tout a son destin pathetique. Les violons n en cesseraient de résonner sur cette fuite loupée. L amertume me saisit la bouche comme une gorgée d un liquide immonde. Non, le jeune musulman ne nous suivrait pas.Et je vomissais toujours la terre entière, je me dis – des hoquets m avaient poussé en courant, comme un clebs qui va gerber, vers une chiotte. J ai tout craché, le liquide acide de mon estomac, sans plus rien a vomir. Les glucides des tartines du matin etaient deja passés dans le duodenum. “Y a pas a dire, c est vicieux”, que je fais “ils feront bien ce qu ils voudront, ces carambins du Parti, on ne pourra pas dire que d une certaine manière ce fut mérité”. Je dis, en faisant référence à l incident diplomatique qui avait déchiré les cieux quelques jours plus tot a peine[MSOffice1] .

 

J avais eu bien peur, dans mon ignorance, qu il faille peut etre m installer un anus artificiel. Le délire me reprendrait, quand j imaginais mon colon, mon intestin grele, tous ces tuyaux musculeux, en train de... enfin je ne sais trop ce qu on voyait sur le moniteur, puisque je dormais. J etais dans les vapes, pendant que le docteur mecanos m operait – à poil sur la table d operation. L hemoraghie n avait pas ete bien grave, et tout avait ete recousu. La cicatrice ne serait meme pas trop vilaine. Il me semblait que je n avais pas perdu conscience, mais qu un discours n aurait cessé de se dérouler dans la solitude aliénée de mon cerveau. Ce language delirant, j en avais comme de vagues souvenirs qui me troublaient – du fond d une memoire qui ne se preoccupait plus de hierarchiser les evenements selon aucun ordre temporel[MSOffice1] ..

 

 

 Comment Benoit avait disparu, une fois le SAMU appelé, je ne sais. Il était parti du côté des montagnes, sans doute pour fuir un peu mieux les conséquences de ses actes. J avais quitté les lieux dans un hélicoptère, une fois les docs arrivés, m appris l aide soignant déjanté.  Al Kaida ne s etait meme pas donné la peine de m achever. Une famille en vadrouille se pressait devant la scène, toute a leur curiosité de badauds fatigués. “Des crevards!” que je me dis, “salopiaux en vacances et en mal de spectacle” – j avais raison, certainement, je ne pouvais le nier, et l infirmier me tapotait la main par accoups, comme pour mieux me montrer sa solicitude. La Société Ordurière ne me laissait pas de répit. Qu on me soigne le délire, que je fis, et presto. Qu on me solutionne et me donne la tape sur l epaule, échappé d un asile, rescapé d un suicide et témoin d un meurtre. Que les aliens aient debarqué la nuit precedente, personne ne voulait le croire. Ils penseront ce qu ils voudront, ca n empechera personne ne dormir. 

 

Alcide était venu me voir, après avoir repéré ou nous avions atteri. Le journaliste compatissant me tenait la main, tandis que je repetais dans ses oreilles des propositions sans queue ni tête. Direction le Grand Hopital, que je fais, et le psychiatre du service médicopsychiatrique avait été quelque peu floué par mes propos vaseux. Mais qui donc voudrait me croire. En réalité il ne restait plus une seule idée valable dans le fond de ma conscience. Il ne s agissait plus que, comme beaucoup de malades, que d etaler des mots sans plus de sens qu une comptine . „le parti méthodique ultra-libéral, c est toi qui l as inventé”, me fit Alcide, alors, comme s il pouvait me flouer. Ca faisait bien sursauter, des phrases pareilles, des fois que personne ne voudrait me croire. C etait peu après l heure du diner, en ce dimanche de mai, toujours. Alcide oscillait sur sa chaise, tout secoué par une rigolade qu il ne maitrisait pas. “allons mon ami” qu il me fit en tapotant ma main “ou veux tu en venir”. “C est pas moi, c est juste le temps qui s ecoule un peu trop mal, et je souffre” – comment tout raconter ? Comment refaire encore une fois le tableau de ce qui se fondait en une nébuleuse obscure ?. L Etre n avait rien revé qui en vaille la peine, cette nuit. Il avait juste abdiqué toute forme de responsabilité, et depuis bien longtemps maintenant. Je chevrotais de ma voix sans timbre, un peu, et pensais a ma mère. “un RMIste, un carambin, un camarade” – que je dis en me représentant Benoit, encore. Le logos étalait sa puanteur sur les pavés sombre du vide de nos propos. Le pathos avait envahi les coulisses du theatre gigantesque ou la Société Secrète se débatait. La vanité de nos actes ne nous empechait pas de vivre, que je pensais. Mais il serait bien temps de revenir plus tard a la terrible réalité. Soit celle ... d un Etat surpuissant, dont des factions polymorphes s etaient dérivées, pour atteindre, en terme de poids politique et economique, la taille d un mammouth invisible. Les multiples dessins de chats produits dans ma chambre avaient atteri à  l’Opus Dei qui s en etait saisi. Le Maître ne cessait alors de pleurer à son tour – chouinant bruyamment sur sa vie, celle des autres et encore une fois la sienne propre.

 

« Le vide s est etalé comme un vernis sur un monde sans reproche, un univers ou l on ne pourrait s en prendre qu a soi meme – tout le reste releverait du ressentiment. » - ces mots maladroits, fragments de la métaphysique des golios ont été tracés sur un bout de papier jetté dans une poubelle dans le CHU de Bordeaux, ils avaient ainsi pu créer une veritable « crise ppolitique »..

 


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Par morula
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Mercredi 27 août 2008 3 27 /08 /Août /2008 15:22

5.

 

 

 

Treize heures trente cinq, en ce jeudi sur la dune, déjà les minutes étaient bien trop longues[MSOffice1] . Un claquement dans l immensité déserte de l horizon, un coup qui résonne très fort et très loin. L Arabe tira sec, de près, et en plein dedans. Un vombrissement sourd dans les oreilles la submergea comme une vague trop grande. Les couleurs qui se melangent, devant la vision qui se brouille. Et une chute comme au ralenti, avec le film qui se deroule. Et la douleur, surtout, d abord vive puis diffuse[MSOffice2] . En realité ce n est pas là un film aleatoire qui se rembobine, mais bien celui, bien raté, de la pauvre existence de Ludwig le heros, avec un trou dans le ventre. “Une bonne scene de violence[MSOffice3] .” Une balle dans le bide, oui, dans l abdomen, et en plein milieu. Et la descente, encore une fois, s abattrait sur moi avec le fracas des catastrophes.

 

Comment cela était arrivé, ce n était pas très clair, encore. Toujours est il que ces racailles aimaient bien se debiner et qu ils n avaient pas peur de la canicule. Déjà les pensées se ralentiraient, avec l abrutissement de la perte de conscience. Mais voilà, son destin, qu elle me dit dans son délire. ce n est pas d etre une merde. La puce dans son cerveau, insérée par les aliens, ou par la Société Secrète, ou par Dieu lui meme, je le redoute, enregistre dans un grand cataclysme sa dernière confession, ses derniers cracks et volontés. « Des ne´grillons, des bananiers ! » qu on aurait gueulé, et voilà que la Terreur Maniaque se saisirait de moi, en même temps que la peur suprême d un chatiment. L extase mystique de l agonisé, dans un temps en pleine acceleration de sa valeur, soit son prix serait inevitable...c est a dire que bah les minutes deviendraient plsu cheres a l approche du trepas, tout betement. Une multiplication conique de la grille des sensations se genererait ab absurdo – le cerveau etant confronté à des dysfonctionnements dans le processus de son passage au neant. La mort, c est la Fin Terrible, je me dis, et seule l Existence d un Dieu peut encore générer..l idee meme du confort qui l accompagne dans le meilleur des cas . « Vade retro satanas », je fis dans ma tête, et j eu envie d un Sort, un Sort qui attendrait toute l Humanité, en sa jouissance de vivre mielleuse, ou seulement les Uns, peut etr[MSOffice4] e les meilleurs. Les pensées se détachaient comme par bulles, maintenant, à mesure que les neuromediateurs de la mort simuleraient la Fin[MSOffice5] .  

 

Voilà qu on tombe, comme au ralenti, sur la dune, le T shirt déjà maculé de sang  - et bientot, après un long moment tout de même, je cessai le délire, et je perdis conscience[MSOffice6] .

 

(...)

 

 

 

 



 [MSOffice1]Donc, rewind vers le film le plus pur, pour retrouver les sensations. Les sensations du mieux. Les sensations du bien etre. Le cannabis repond aux exigences d une economie du bien etre. Il va falloir de depasser amartya sen. L homme qui ne raconte que des conneries. Des grosses banalités. Mais qui optient le nobel, tout de meme.” Que je délire.

 [MSOffice2]au fur et a mesure que les fibres Adelta et D s alternent des domaines mesenteriaux

Par morula
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Mercredi 27 août 2008 3 27 /08 /Août /2008 15:21

4

 

 

Nous avions atteint la dune du Pyla au cours de la nuit. Le soleil tapait déjè avec la force des canicules du Sud-Ouest. Les familles peuplaient les dunes de leurs sacs de piquenique et de leurs seaux et pelles. Et deja un demi joint, a midi, c etait trop.  Nous nous avancions en transpirant – avec nos manches courtes et nos cicatrices diverses..le bras ravagé par une serie d entailles horizontales, et par de profondes brulures de clopes, au 3eme degré. Et la chaleur brulait bien fort déjà,  en ce début de mois de mai. “avec des drogues, » faisait le diable, «  on peut devenir heureux, on ira ou tu voudras, c est a dire a la montagne, la platitude de la mer dissipe le desir de vivre »L histoire d amour serait sordide, puisqu on ne saurait faire autrement. Et cette aventure ratée, ce serait celle de deux pauvres hères face aux vagues, dans le désert absolu des sensations propres -

 

EN effet les deux individus souffraient de l absence d affects , substrat de la raison froide et symptome d un dérèglement psychiatrique. La vérité, c’est qu’ils étaient les Rois du Monde. Ils s’étaient mis à émettre des cris depuis le haut de la dune, ils s egosillaient maintenant à hurler tout haut des insanités. … „Des négrillons m apportaient bien des bananes, des grosses, des menues et des sanguines, et toujours de ces papayes, mais j avais tellement mal au ventre de tout ca et de tout! J aurais vomi la terre entiere“ Emissions ponctuelles ou s’étendant sur des périodes de temps plus ou moins longues, ces hurlements dechiraient le silence. Ce que ces deux anti-héros avaient en commun, c’était d avoir renoncé à l Art comme moyen de s inserer, si celui ci etait suspendu a l imperatif de survie, helas. Ainsi ils hurlaient la nuit sur les dunes.

 

 

Faisant ce qu il leur semblait bon de faire, ils s egosillaient, en même tant qu un phenomene particulier se saisit de leur personne – c est a dire très exactement l experience de la crainte de Dieu. La peur se manifestait d abord par un deversement d adrenaline du creux de la medulla des glandes surrenales... et on aurait peur des éléments, tout simplement. Dehors la pluie n en finissait pas de tomber, d un ciel noir, en ce milieu d apres midi – orage curieux, le troisieme en une semaine, a peine, après une canicule relative. Tout juste un peu plus chaud qu un autre mois de mai, peut etre. Maintannt l Etre allait, comme il dit, realiser la Grande Synthese. C est a dire qu il allait jouer la Sonate au Clair de Lune à l envers, une fois de plus, au fur et a mesure que les eclairs blancs s imprimeraient dans le ciel. Ca gronde, que je pense, et je pense à un gros chat, un Tigre. N avions nous pas acheté de la c ? Et pourquoi ne pas realiser ses reves les plus tordus, soit les pires qui existent, et qui se manifestent a ma connaissance par le fait de visions plus ou moins conscientes.

 

« Nos rêves éthérés, nous les étalions comme deux gosses bien mal en points. Le Pont de Bouse, d ici bas a l audela, se tranformerait rapidement en Pont D’Or, de l audela a ici bas. » . Tel un micro-état dôté de budgets conséquents, ils relanceraient l’économie en créant des emplois. Une véritable faction. Ils feraient profiter le Reste du Monde de leur Richesse. Tout le monde les citerait en exemple. Ne deviendraient-ils pas riches aux USA seulement ? Le Tiers-Monde n’en récolterait-il pas les miettes ? “Comment leur dirais-je à ces gens maleficieux? Comment me croiraient ils? Ils me feraient arrêter sûr! Qui me jugerait alors?”.. qu il m avait dit encore. Faut se débrouiller. J essayais de me representer a quel niveau d impuissance j etais tombé mais je n y parvenais pas.  Et l’histoire de Ludwig Van et de Benoit M. pouvait commencer. Les deux prophètes se chargeraient de leur destin avec le sérieux des poules rôties.

 

Les deux protagonistes se trouvaient face a un bunker, avec suffisament d heroine pour claquer. Et des aiguilles, et des piqouzes – et le spécialiste en question, celui qui savait faire des prises de sang[MSOffice1] . Comme s il ne s agissait que de realiser la fiction requise. Ludwig Van, et Benoit M., avec Go west sur l ipod, dans le sable des dunes – la dune du pyla. Et un gros tas de meth, de coke et de hero. Ils parleraient d un grand et beau chien qui garde la maison... “face au kilimandjaro”. Et ils realiseraient eux mêmes les illustrations, à la main, pour parachever “stupeur et tremblement”. Une Oeuvre taboue et illicite, une oeuvre a 3 roros. “De l autre cote, sur l autre rive, commencaient mes soucis” Ou bien non. De ce qui leur arriverait ils n auraient pas ete responsables, ni de ce que  Ludwig ne pouvait arriver à quitter ses chaussures, à cause de ses gros pieds gonflés par la marche. Et la canicule, ca l aurait bien éclaté, le caniche. Il s’était assis sur le sable dans son poil blanc. L autre avec ses grosses godasses malgré la chaleur transpirait beaucoup, bientot elle les enlevait. “Je dormirais bien” qu elle gémit tout haut Ludwig Van. Si l abilify réveillait en gros, il rendait aussi ponctuellement somnolent, elle souffrait encore de l ingestion d une pillule l avant veille – et bientot tout un petit monde s ecroulait. Au fond, on avait... on ne sait trop quoi. Qu on le veuille ou non ou on se trouvait maintenant, il ne ferait pas bon à se faire surprendre et mettre au jour par les passants... Mais toujours est il que les Arabes étaient a leur trousses. Lse Arabes, soit le gang de dealers miteux, un peu, on dira d abord, pour ne pas devoiler qu ils etaient liés à Al Kaida, et leur presence ici bas a une affaire personnelle. Mainteant, plusieurs milliers d euros auraient été détournés d un certain compte par un personnage, mon frere, un hacker qu on appelerait Frankie. Cet argent me permettait de vivre depuis un certain temps maintenant.

 

Un jour les flashbacks s ordonneraient, et tout ce qui comptait, c est que les medicaments avaient cessé de faire tout effet sur eux, puisqu ils ne consommaient plus. Benoit M. Etait comme encore cloué au sol par les relents d une piqure de haldol, derniere de son traitement, qui avait pris fin, par levee de l hospitalisation d office, quelques semaines auparavant. Quand à Ludwig, auteur d un flop en sa jeunesse, une saloperie accompagné d une reaction desagreable des medias, il le craignait, il s etait echappé, et l olanzapine et l acide valproique et l aripripazole cesseraient d agir. Une douce euphorie, accompagnée d une plus grande precision dans les gestes, le soulevait par accoups. L angoisse, pourtant, l empechait de se tenir immobile un certain temps, chose eminemment genante dans un Temps Social quelconque.

 

Ils les suivaient, ces Arabes, mais Ludwig ne le savait pas. Benoit non plus. Devant nous les vagues clapotaient en sombres rouleaux et je me suis assise sur le beton froid, apres les chaleurs de la journees, devant le bunker de la seconde guerre mondiale. Elles grondaient comme des tigres dans l immensité de la nuit. Seul le ipod gresillait encore. L hero aurait ete mise de coté et le suicide ajourné. Il n en restait que la coke constituait une tentation certaine[MSOffice2] .

_          on va bien se marrer, on aura de la bonne coke, de la meth, de l'héro. on aura un grand et beau chien, qui gardera la maison, une maison sur une colline, face au kilimandjaro - et on soignera les bébés. avec de la spiruline. tout le monde nous citera en exemple. on déconstruira la psychiatrie. nous serons les rois du monde. c'est ainsi. bizes meine liebe” Un grand coeur en kitsch le plus total se profile, et voilà qu il me dit bonne nuit d un smack pudique. Nous n allions pas dormir, non. Impossible avec la bonne coke que nous nous serions goinffrée. Je m allongeais pour sentir son torse s ebranler devant moi, par petits coups mous, a chaque fois que le coeur battait. Ils étaient toujours malheureux pourtant, et si une trop grande souffrance ne les avait etouffés ils auraient pu s aimer. “Je suis malheureux” – me dit Benoit. Et bientot nous médisions de la Société Orduriaire et du Parti. Les Arabes etaient sur le point de tracer la fiancée du Vizir, en ce Crépuscule des Idoles, certainement. Maintanntn, qu es t ce qu il est plus important de faire... en quoi prendre davantage de plaisir, produire ou consommer-…“Hélas”, me lanca Benoit, “que n ai je plus de meth, meine liebe, pour dimanche prochain avoir le visage de travers, un peu comme de la fatigue.” –

 

« Cours cours mon lapin », il me fait, de meme, encore une fois, alors que lui meme, un petit chat mignon, se pelotonne comme de la laine contre moi. Le fétichisme du vent du soir, de la fameuse mousson soudaine, peut etre, et à Pyla plage, ou le heros atterit, avait traversé les cieux. On avait fait de son mieux. Et ce soir, la foudre serait tombée, dans les pins, un peu plus haut. Un arbre aurait ete coupé net, sans meme un soupir sinon un grand fracas. Boum! Que cela fit dehors. Comme on aimait pas certaines tournures par ici... certains yakaris! Voici l Heure d une Histoire d Amour sans Faille. Celle d un Frère et d une Soeur, pareillement déplorables dans leurs Gouts, et arrivés... à une certaine debacle partagée. Mais il ne voulait pas en entendre parler de ces machins là, Benoit.  Il ne lisait plus non plus le journal, tout a fait comme moi encore, et il ne faisait pas de theatre, jamais, il m en aurait parlé de ces sentiments là. Certes. Et le rythme cardiaque s accelere. Il etait temps de remettre Capitaine Flamm sur le ipod, en contreyuppie, un peu. Un Yuppie est un individu qui est membre d un corps social bien particulier, défini d abord par son appartenance a l etage superieur du Tout, et sa forte mobilité qui est sa Force. Agent « libre », il dispose de services a offrir a la machine sociale, incarnée en une firme de taille plus ou moins importante. Ses caractéristiques socioculturelles, si elles s inscrivent dans une annexe seulement en terme de communauté de destin, n en sont pas moins... polymorphes. Ainsi ils lisent certains livres, regardent certains films, connaissent certains personnages, peut etre. Nous ne les aimions pas.

 

 

_          « Nein nein ! » je faisais a Chouchou caniche nain, que nous avions kidnappé, quand il faisait ce qu on nommerait un embarras plutot qu une faute – et que la soif d un vrai Orangina me prendrait desormais très fugacement. Je débouchais la bouteille, avec mon briquet, comme je savais si bien le faire. Un vrai Orangina, soit du Sucre Pur – et de l Orange. Le Vrai Fruit à Coque, sous sa carapace rugueuse est emballé dans un nid douillet de tissu confonctif. Le heros à ce moment là, ou encore l Etre ne reniflierait que par accoups – comme s il avait sniffé. Mais il n avait pas sniffé, non. J avais emporté deux petites bouteilles de soda et des sandwitchs, car j aurai faim. Un petit pot de beurre, de miel, et des pommes bio. Effectivement je pouvais simuler ce simulacre de suicide, un soir a l ocean, alors que nous regardions vers notre Grand et Beau Chien – au Benin. Ou au Kilimandjaro. “L histoire d amour est une histoire de space glitter plus qu autre chose, et ce space glitter, tu me comprends, je le repère dans les étoiles... ” – pendant ce temps un agent de la DGSE, depuis dedans le bunker, enregistrait bien la conversation. Un chien aboyait dans l horizon. “Et on pourrait se permettre, ensemble, enfin, d etre vraiment et un peu peter pan, et si seulement si si je t appelais clochette”. Maintenanant les exigences de l histoire nécessitent de dévoiler les identités des deux personnages. L’Hymne à la Joie de Beethoven raisonne dans cet appartement berlinois, ou les enregistrements de la Dune étaient parvenus. Son propriétaire était, de toute évidence, maniaque. La Société Secrète, elle, se trouvait prise d une sorte d effroi perplexe, peut etre, a l’écoute soudaine, privée des images pourtant, de ce qui se deroulait ici bas.

 

 En realité, comme ca il ne s agirait que... que de.. deux pauvres ames – perdues dans les plages du premier monde, elles seraient tout simplemenent en train de flamber leur jeunesse, plus si jeune, puisque tous les deux approchaient de la trentaine. Une adolescence attardée sous forme de régression s en allait comme les acides sous les sunlights. Les aliens debarqueraient, quand meme, ce soir funeste, Benoit me l avait promis. Il ne suffisait que de partir avec suffisament d allégresse vers son destin maintenant. La dune serait franchie le soir la nuit tombée. Le sable brulant foulé de nos pieds nus. Nous aurions d abord vu le soleil couchant, puis, l angoisse venue.... l’idée du suicide aurait été abandonnée car elle n’intéresserait aucun éditeur. Le monologue périclitait. La trame se voyait bien trop sombre pour être comprise. En réalité, il n y avait rien d une fiction dans ce deballement de complaisance. Las, la marchandise continuait d etre la cellule de la société bourgeoise, je me dis, mon livre ne se vendrait pas et l alien qui nous enlevait savait juste qu il se sentait sardonique a son tour vu le monde.. .

 

Au lieu de se trancher les veines dans les toilettes on se serait brulé la cervelle á coup d amphète, pour le bonheur des cons, pour le plaisir d etre con. Et certains seraient mechants comme par gourmandise, que je me dis, et fort juste, comme si moi meme n avait pas eprouvé de tels sentiments, un peu. Le vaisseau spatial décolla pour ébranler le corps qui est mon coeur de son vombrissement. Hélas. Capitain Flamm je le voyais enfin, il remonta ses bretelles et rigola un coup, dans son uniforme de pédé ! Il était sapé comme un Village People. Les lumières dans l’horizon se firent un peu plus rouges, puis roses – et comme un halo se fut le déploiement de poudre fine qui est ma vie. Un instant de gloire fictive et je la regardais, sans même la voir. Et Benoit saurait de quoi il parlait. La porte du vaisseau s’ouvrit, et le flux de lumière s ecoula de l interieur vers la surface de la planète. Elle innonda le monde dans la nuit profonde. Seules les étoiles de l hémisphère nord scintillaient encore de leur glitter supreme. Les plus profondes sagesses du Grand Vizir, à défaut d’étre notre President, s’ecoulaient maintenant comme une clarté foudroyante.

 

On regardait ca, nous autres, depuis notre nid douillet sur le bunker. Pour nous prouver a nous memes que nous etions un peu libres, nous nous pincions les bras.  Le corps, ou une serie de... connections synaptiques habituelles constituait l appreciation du reel repondait plutot bien. L experience empirique avait été stockée en une serie d informations numériques, de manière plus ou moins indelebile. La memoire. Le cerveau est un organe enigmatique, je me disais. Il est traversé par des phenomenes electriques. Des messages codés sous forme de potentiels sont vehiculés de manière electrotonique le long des nerfs, puis transférés sur la cellule suivante par le biais d’une transmission électrique ou chimique. Tout cela, je le savais, comme ce qui s etait passé cette année, ce que la Science avait realisé comme progres. Les autorités étaient parvenues á produire un scan de nos cerveaux, seulement ils n etaient pas de votre monde. Suite aux evenements des jours passés, il paraitrait que nos ames avaient été decryptées. Un texte effrayant avait ete produit par un decodeur, il signifiait l etat de notre pensee à ce moment là, et nou nous ne comprenions toujours pas.

 


 [MSOffice1]« Le chanteur de Capitaine Flamm, Chloé Delaume et Juliette Binoche et d autres encore, auraient été saisis d Effroi  en même temps que d Outrage, à la vue de ce qui ce passait à ce moment même. Dieu lui même aurait présent dans le processus de trepas. Il faudrait le promettre

Par morula
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Mercredi 27 août 2008 3 27 /08 /Août /2008 15:19

3.

 

 

 

Et l Etre se perdait dans ses rêves, a peine un peu de repos gagné lors de cette prochaine nuit dans la décharge. Le petit rechaud chauffait deja de sa flamme d abord bleue, puis orange et enfin jaune. Le café soluble allait etre deversé dans la tasse, achetée à Auchan lors de l expedition qui avait terminé par des envies de meurtre dejà, entre le rayon saucisson et petite culotte. Le cochon avait a peine couiné cette nuit, et l Etre s en foutait, le Mensch, tout ce qu il savait c est qu il aurait eu de bien étranges reves, cette nuit. Des songes qui auraient fait que la conscience se mettait a courir, une fois de plus, en sirotant son café le matin à 6.27. Et elle ruminait le Herr Henrik Gateman et Trevor Daniel et son oeil arraché. Le système réalité était des plus intriguant – des plus minables, quand on ne gobe plus de  medicaments. Car la vérité, c est qu une fois évade, je ne gobais plus ces saloperies bien sur. Je pris encore une gorgée du liquide amer et j allumais une cigarette, trotz champix, que je n avais pas oublié. 7 grammes d hero, 10 grammes de coke, 20 g de cette bonne orange bud – le scenar catastrophe pouvait commencer.

 

_         Les loups et les loutres doivent crever” que j avais répété, je m en rappelle. Et tout ce que je voulais c etait atteindre les dunes, enfin, et y gueuler une émission de mots, a defaut d un assemblage de sens qui nécessiterait une concentration intense pour etre percu ! je m adresse à votre gyrus angulaire, ce pivot ou le language est associé à un sens– dans le processus de gestion de l information correspondant a une assimilation.

_          “Cours cours petit lapin mignon”, que qu il me fait en me caressant la joue. Certes j etais bien tombée amoureuse de lui, sur un générique de tetris, en sautant comme des cons sur les matelas dans la chambre 210. Le reflux sanguin, ce soir la, dans mes veines, avait atteint un niveau incomparable. Ce phenomene n en finissait pas de m assaillir de son mystere. La puissance déployée par l individu évadé approchait des 220 watts alors qu il courrait ainsi mentalement. L effort pour persister dans le soi constituait la seule issue, dans la solitude de la fuite.

 

 

Et le soleil tapait deja franchement, depuis l Est ou il se levait en cette aube de 3eme millenaire. “Et on aurait peut etre plus jamais d hiver”, que je repete, du haut de mon abrutissement sans bornes. Les fantasmes que formentait l Etre etaient de nature plus que confuse… „kidnapper un petit enfant viet“, que je lui fais, au Benoit, la veille. “un cadre de Novartis” qu on continue, tout a nos projets minables. Les odeurs se rependraient depuis les lieux de la trame, en cette matinée. La journee serait fructueuse. . Maintenant nos actes seraient ceux de fanfarons, à défaut de criminels, vraiment. Je ruminais encore les evenements de la nuit precedente dans cet hotel, que j avais du mal à enregistrer. La Société Orduriaire grondait aux portes de nos consciences. Et l Etre, fort niais, avait recommencé a prier. Il irait mieux.

 

La vérité, c est que l Oeuvre en actes serait de type idealiste. Et le sang sur son jean ne l interpellait pas enormement. Comment tuer ces minutes, c etait la le principal. Les blessures sur ces avant bras la feraient souffrir atrocement par moments. D autres, les endomorphines faisaient leur travail. “un travail permanent de gestion de l information sensorielle, depuis les zones associatives du cortex pré-frontal”, que je fis toute seule – car je parlais tout haut en sirrotant mon deuxieme café. Mon thalamus n en finissait pas de m intriguer. L information tactile est des plus perverties dans mon organisme, je ne touchais que des horreurs dans cette decharge. Je m avancais un peu au milieu des detritus, et je m assis sur un vieux siege de voiture. Une pièce de collection ancienne, certainement, toute sale de la crasse immonde. Jacques Vouvret, la Société Secrète. on esperait bien ne plus jamais les revoir. Le chien aboyait maintenant par bref accoups dans le matin. „nein nein“, que je lui fis une fois de plus. La fiction minable qu etait le decor de la realité pouvait se derouler. L Etre tousserait ses poumons, dans un fracas qui lui prouverait qu il etait encore vivant. Il me semblait que l univers se retrecissait a la manière de... enfin j aurais ete reduit a un appareil de perception pure, dans le noir, a attendre que les choses se passent, son et lumière géants, soudain.

 

 

Je démarrai la voiture, le pied sur l accélérateur, tout à ma joie de conduire cet engin taré. Nous quittions la décharge. Jacques Vouvret suivait le véhicule à quelque distance, en machonnant un sandwitch. Je me rappelais alors que nous n avions pas mangé depuis la veille – s engouffrant du café seulement dans nos organismes usés. Je pris la petite route de campagne, pas trop loin des abattoirs qu elle était – et allumai une cigarette, encore une fois, puisque je fumais bien trop malgré le Champix. Les deux superheros allaient bientot franchir le Rubicon, encore une fois – c est a dire demarrer en direction de la dune de Pyla. On ne saurait trop par ou ces deux maladroits feraient un crochet. Non, ils n auraient pas fait “les faibles et les ratés doivent crever” – c est faux. Je m enlisais dans l oeuvre nulle comme dans les sables mouvants. Le long fleuve des actes manques s etirait avec la flemme morbide des lendemains de defaite. Une odeur acre me prenait la gorge, alors que je m engageai sur l autoroute.

 

Le Système Fiction semblait sur le point d echouer – quand la réalité me prenait a la gorge à la manière d une saloperie de thriller. Et que mon talent n etait pas né, je le savais bien. Mais je souhaitais desormais uniquement m abrutir. “Kidnapper un petit enfant viet” que je repetais maintenant – a la manière dont j allais plus tard allumer mon gros petard, avec volupté crétine. Mais le glucagon se déversait maintenant du pancreas, tout comme diverses hormones, et je sentais la Faim, sous la forme d une baisse hypoglycemique ou de température se manifester. « Un cadre de l industrie pharmaceutique », je dis, avant de continuer, du coq a l ane « la dalle » avec ma sobriété habituelle. Completement lost highway. Au volant d un vehicule que je conduisais pas réflexes conditionnés, j avais maintenant les yeux qui tombaient, et je m acharnais a les laisser grands ouverts sous mes paupieres closes. Je ne savais meme pas ce que je voulais bouffer sinon que j aurais été bien incapable de me preparer quoi que ce soit.

_          “j ai faim moi aussi” qu il repète goulument. Tout cela avait il un sens, du haut de nos intestins que nous nous appliquions pourtant a vider chaque jour ? Une vague de fatigue s abattait maintenant sur nos têtes. Le Système Fiction semblait fonctionner, mais bien aise d en être le héros, il me semblait que je prendrais toute mon existence a apprendre a le gerer.

_          “de la bouffe thai, de la merde, du sandwitch de cafeteria” que je proposai toute a ma joie rare de laisser le ventre s exprimer en ses désirs secrets.

_          “des rillettes, du saucisson, que j en peux plus des cochonailles” qu il me répond. La communication n etait toujours pas idéale. Et maintenant le desespoir s etirerait sur cette automobile filant sous le soleil. Mes virages étaient maladroits, et je cherchais, hagarde, la prochaine occase de se remplir la panse. Je n avais pas vraiment faim en réalité, seulement je realisai combien de fois j avais oublié de manger ces temps derniers. Le petit chien con se levait sur le siege du passager – et mes paupieres tombaient lentement sur un monde en pleine décomposition, au volant, devant le paysage qui défile. Je m etais certainement goinffrée un sacré tas de weed la veille, et l ahurissement me prenait comme un soufflé qui tombe. “des petits chats mignons” qu il continuait, le Benoit, de son coté. Je m en foutais de tout, bientot, si ce n est de l empire de mes tracas. Ceux ci je ne parvenais plus a les ressentir, et c est  comme si je volais un peu en rase motte. Des beats débilisants de jeux videos retentissaient dans ma tête. Bientot j eus l impression de freiner sur un circuit, puis de repartir une fois le virage pris. Le vent entrait par la vitre ouverte et me fouettait le visage.

 

_          “enfer et damnation” qu il fit encore, car nous avions failli nous prendre un arbre. De son cote il ne pouvait plus que commenter les effets ressentis du haldol. Bientot notre misère spirituelle entrait par nos trous de nez même, à la manière d une ligne de meth seulement. Nous avions fini par nous gaver de burger et de frittes, que nous trempions dans la sauce avec application. Les divers évènements passés me revenaient en mémoire en même temps qu une grande lassitude. Faire n importe quoi dans ce qu on faisait comme occupation, si tant soit qu on en ait une. Nos projets n etaient pas tres reluisants et se limitaient a la fuite, maintenant. Je ne savais plus au juste si nous allions a Cannes pour le festival, et si nous allions kidnapper qui que ce soit, ou tout simplement a l Ocean. Toujours est il que la voiture filait sur la voie rapide. Le niveau d irresponsabilité auquel je me haussais ne me choquait pas plus que ca. Après tout, le Herr Henrik Gateman m avait laissé partir. Je n en pouvais plus de cette musique stupide qui sortait de l autoradio. Tout aussi incapable de supporter l immobilité dans l immensité deserte de ma conscience, je montais pourtant le son. La Vérité, c etait que l Etre tenait encore en sa possession un stock non négligeable de beuh, dans laquelle il allait se tripper une fois de plus, il se dit. Avec pour seul horizon la défonce je me sentais étrangement creuse, comme si le trou noir happait maintenant une partie de mes viscères. Seulement j etais bien seule. Benoit, je ne lui parlais pas, ou par saccades. Nous ne kidnapperions personne. Nous ne commettrions pas de meurtre salace. Non, nous allions tous crever, comme je le repetais mainteannt. Et tout ce que je désirais alors, c etait me buter, aussi surement qu un effet se rattache a sa cause. Et l Oeuvre incoherente serait achevée – et le souffle nous manquait, quand le jour commencait a baisser. La SAVIOUR MACHINE etait en perte de souffle totale.

 

A l ecoute des petits riens qui font les bruits la journee, je n entendais plus que le vrombrissement des roues- helas. Tout ce qui comptait ce serait que les deux héros arriveraient dans le 33 la nuit tombée. Comme des petits renards ils contemplaient la longue trainée d essence qui les avait portée là, et le Système Fiction semblait sur le point de fonctionner. La Société Orduriaire, nous l aurions laissée derrière nous depuis longtemps. Les maccabées, les oeils arrachés, tout cela j en etais vraiment fatiguée. Il me semblerait que toute mon existence, si je la vivais, ne se passerait qu a oublier.

_          “on est chauds on est motivés” je fais , avec une pauvreté de vocabulaire commune aux schizophrenes. “on va se buter”.

 

 Je n avais pas vraiment fait attention si on nous suivait. A vrai dire je ne pensais plus a Jacques Vouvret, et encore moins aux Arabes. Je m etais bien inquiétée, la veille, à la sortie de Jointville, de reperer ce facies connu dans mon retroviseur . Mais au final, maintenant, qu est ce que je m en foutais!

 

Par morula
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Mercredi 27 août 2008 3 27 /08 /Août /2008 15:18

2.

 

 

Nous étions partis de Paris ce matin, avancant dans le desordre sans garder de cap, nous avions ensuite débouché sur Etretat, ou nous nous étions juste penchés un peu mieux sur la falaise devant le gouffre, avant de reprendre notre route en longeant la mer. Las, ou etions nous maintenant, je me le demandais, au detour de la nationale nous avions suivi  une petite route de campagne pendant un moment, avant d aboutir dans une décharge. Cette prochaine étape dans ce périple minable offrait un decor propice à la meditation et à l introspection, au milieu des rats, en rade d essence et en rade de bouffe.
 

_“Halte là!” qu il avait fait le Benoit, sorti du véhicule et trebuchant. Un cochon nous barrait la route, un gros animal, enorme et monstrueux, il nous inspirait des commentaires effrayés, que nous echangions puis lui lancions comme des insultes. J avais comme envie de lui foutre des coups de pieds, des coups de pelle, en exutoire. “t'as vu on croit toujours être à bout mais on trouve toujours le lendemain qu'on était mieux hier. ça va de pire en pire. » commenca Benoit, «  il faut faire quelquechose. pense à ce type qui pouvait même plus couper sa viande, celui qui se chiait dessus, celle qui se faisait taper. » Il ne faisait plus que pleurer maintenant, sa  seule propriété ontologique. “on va s'en sortir par le haut, oui fuir dans les favellas du brésil, avec de la coke à 5 dollars le gramme.” 

 

Un petit tour par là ou on ramène les déchets avait achevé de nous finir, voilà ce qui nous avait mis en humeur. Je n avais pas de veine avec Benoit, mort ou vif, voilà qu il n en finissait pas de chouiner. L histoire d amour n avait certainement pas eu lieu.  Mais en ce qui nous concernait, ca faisait une sacrée journée. Les mouches volaient dans la puanteur pestinentielle. Le miracle n aurait pas lieu. La salvaison non plus et les heures s etiraient ainsi, sombres et malades. Je compris que ce cochon avait une signification, son apparition jettait une lumiere nouvellle sur notre condition. Mais la nuit étalait son nuage de tromperie sur nos silhouettes, je pouvais me tromper.

 

Trevor Daniels était bien mort, est ce que j en éprouvais du chagrin? Je ne sais. L ideologie du parti ne serait pas élaborée – cela ne me faisait rien du tout. J etais seulement fière d avoir un bon mari comme ce fidèle Benoit, un meurtrier, maintenant. La gorge coupée au cutter, voilà ce qu on peut appeler du bon travail. Si seulement tout ne se fondait pas ainsi dans les brumes de l incongru. Nous irions à la dune du Pyla, et nous nous suiciderions.

 

Après les molles enstases du Cannabis et de la Bière, j’ai rejoint l’Armée sans cheval de bataille des « Teufeurs »”, commenca Benoit qui se sentait enclin à l introspection. “non sans éprouver d’abord une profonde abjection, que les rares boîtes de nuits visitées suscitèrent tout autant, tant la violence des drogues chimiques et du Son Omnipotent semblaient réduire ces petits hommes verts, dont la Joie Nihiliste me séduisait, à des zombies.” Le récit de sa propre perdition se perdait dans l immensité de la nuit, il n avait pas ete informé des resultats de l expertise et souffrait d elancements au niveau de la conscience. Comment en etions nous arrivés là?

 

Je me rappelais la veille, le camp d enfermement à l hopital psychiatrique, mes propos démagogues qui m avaient fait enfermer. Certainement, je gisai au milieu des detritus maintenant, mais le souvenir de ce café sans cafféine que nous buvions comme des assoiffes suffisait à relancer ma plaie. Comment la Vérité de l Aliéné pouvait elle trépasser dans le monde des vivants et parvenir jusqu aux terrasses de café ? Le medecin avait il parlé ? je me le demande encore. Toujours est il que la Société Ordurière m avait parquée dans cet HP parce que j avais violé ses lois en ricanant trop fort. Mon evasion ne m avait pas absou de mes doutes, je n eprouvais pas de soulagement durable, en effet je me sentais toujours fou, toujours coupable. Le Herr Henrik Gateman, ce petit flic m avait fait parler, je le regrettais ameremet.  Le sentiment d avoir failli quelque part ne me laissait pas de repos. Le deroulement des evenements, de l evasion a l infiltration du congres me poursuivait, trop d aspects n avaient pu etre eclaires, a commencer par mon intention, qui etait de sauver le monde. Il me semblait que je ne m etais pas assez justifiée, ces gens continaient à m accuser, la grande part de mes motifs demeurerait dans l obscurité, ces gens me jugeaient mal, que je disais.

 

Comment dépasser la sourde douleur percant les entrailles, depuis cette existence a serotonine forfaitaire

 

Je me concentrais sur mon monde intérieur, pour voir, et je ne contemplais rien d autre que cet animal, ce porc que nous avions trouvé là. “C est peut etre la meme chose pour chacun”, que je fis en son fort intérieur, “on se concentre sur sa propre pourriture, et dès qu on y reluque un peu trop on ne contemple que le vide” Ce que faisait un cochon au milieu des ordures, en marge de la ville, je me le demande. L animal urinait en meme temps qu il criait, par accoups.

 

Jacques Vouvret à ce moment garait son véhicule á l entree de la decharge. Une sacrée journée, qu il fit. Le Parti était sur le point de le démettre de ses fonctions, comme la Société Secrete. L Histoire improbable de ces Détraqués le rendait fou de rage, par brusques bourrasques. Cet individu manquait à tout point d imagination mais il se reservait ses opinions. Les fugitifs avaient produit le renversement redouté des valeurs, toute la communauté s etait inclinée, et sa mission avait ete annulee par dessus le marché. Que serait sa vie sans le travail ?  Il décida alors de cesser de cogiter, il se concentrerait sur sa derniere mission, tant bien meme aurait elle ete annulée. Rapport à la Société Secrète, il nourrissait encore d anciennes fidelites, malgré la conversion du Pere il se sentait encore lié par son serment.  A vrai dire il bouillonnait encore de ferveur, il n avait pas fini de servir la Société, que le Parti le congedie peu lui importait. Le devenir de ces enfants affectait la Societe, à ce titre il continuerait de les filer. 

 

Le thermos de café était bien entamé, le liquide chaud dispensait ses effets dans son organisme usé et le maintenait éveillé. Encore une fois son coeur le lancait, a son habitude.–  et ces lieux lui inspiraient à lui aussi de bien morbides pensees. Les deux psychopathes erotomanes etaient dangereux, il en etait persuadé et il ne comprenait pas pourquoi Henrik Gateman les avait laissé filer. Une erreur psychiatricojudiciaire, qu il se disait, qu il s acharnait mainteannt à redresser, il en avait fait une affaire personnelle. Trevor Daniels, il s en foutait un peu, il en convenait.

 

Ludwig ouvrait mainteannt une boite de cassoulet, avec un couteau de poche, et alluma le petit rechaud. Son tube digestif, avec ses ouvertures orales et aborales, criait pitance. Bientot il se deviderait et on tirerait la chasse, tout a la gloire de l immonde, en ses perfiflures infames.

_          “Donne moi ca ma mie” qu il faisait le Benoit.

_          “Non je me démerde“ que je fais mais je me rappelais les propos des arabes, et je lui passais la boite. Le dégout me saisissait maintenant, tout embarbouillé des souvenirs de la veille.

_          “On fait quoi?” qu il me fait alors, parce qu il ne voulait pas manger.

_          “On Ferrari” que je reponds et je ne dis plus rien. Même entre eux, les deux protagonistes n auraient plus rien a dire. Je savais juste que j allais fermer les yeux, et m appliquer à etre raisonnable. 

 

Le ciel était bleu marine troué d étoiles, à son habitude. Le cochon s eloignait maintannt à petit pas, tout en pataugeant dans les debris de pommes de terre qui jonchaient les lieux. Et cette excursion n avait rien d enchantant, je me dis. Mais comment s echapper. Prier, ou vénérer les vaches, je le répète, ce serait tout ce qui nous resterait a faire. Un QI moyen, un dégout universel, et aucune raison de s en rechapper, et s inserer, desormais – et la bête geignait maintenant au loin. On l a vu traverser le plan infini et disparaitre peu a peu dans l horizon. J essayais de me lever, de la caillasse ou j etais assise, et bientot que je mis le pied dans une boite de conserve vide. Le cassoulet remontait par relents pourraves. Je m approchais de la voiture et ouvrit la porte. Qu est ce que tu cherches, me fit le Benoit – et je sortis la paire de menotte. Déjà que j avais envie de me débarasser de lui, il ne resterait qu une odeur de poubelle a notre idylle, si je le faisais. “Tuer”, que je lui fis, “quelle idée”. Nous n etions pas plus ahuris que d autres, dans les memes circonstances, et en ce lieux maudits. Maintant qui aurait coupé l oeil dans le sens de la longueur ? plus tard, alors qu ils auraient mis leurs projets a exécution, ils en reparleraient.

 

Les deux héros allumèrent un feu dans la décharge et y jettèrent tous leurs ouvrages honnis, les quelques qui les avaient suivis, et qu il avaient pu choper dans la chambre d hotel.  S y trouvaient donc un annuaire, que ludwig aurait parcouru, toute une nuit, ou presque, il se le demandait. “Que la culture nous manque!” qu ils gueulaient alors qu ils ne lisaient pas les journaux, et ne se rendaient jamais à des vernissages, tous les deux. On était dans le roman minable, on se dit en attisant les flammes, et en y balancant uune bouteille entiere de whisky, qu on ne supportait pas, ni l un ni l autre.. Il ne restait plus qu a se trancher la tête en pensée, encore une fois, en punition de crimes imaginaires, et a declamer ce qui crissait mainteantn dans le feu, les maigres pages arrachees d un scenar improbable, la dit « Oeuvre Minable », dont cette fille était l auteur maudit. Un évènement aurait eu lieu, et ce dérapage, il aurait été multiple, mais bien trop diffus peut etre pour etre saisi par mes sens.


Par morula
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