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Nous avions atteint la dune du Pyla au cours de la nuit. Le soleil tapait déjè avec la force des canicules du Sud-Ouest.
Les familles peuplaient les dunes de leurs sacs de piquenique et de leurs seaux et pelles. Et deja un demi joint, a midi, c etait trop. Nous nous avancions en transpirant – avec nos manches courtes et nos cicatrices diverses..le bras ravagé par une serie d entailles horizontales, et par de
profondes brulures de clopes, au 3eme degré. Et la chaleur brulait bien fort déjà, en ce début de mois de mai. “avec des drogues, » faisait le diable, « on peut devenir heureux, on ira ou tu voudras, c est a dire a la montagne, la platitude de la mer dissipe le desir de vivre »L histoire d amour
serait sordide, puisqu on ne saurait faire autrement. Et cette aventure ratée, ce serait celle de deux pauvres hères face aux vagues, dans le désert absolu des sensations propres -
EN effet les
deux individus souffraient de l absence d affects , substrat de la raison froide et symptome d un dérèglement psychiatrique. La vérité, c’est qu’ils étaient les Rois du Monde. Ils s’étaient mis à
émettre des cris depuis le haut de la dune, ils s egosillaient maintenant à hurler tout haut des insanités. … „Des négrillons m apportaient bien des
bananes, des grosses, des menues et des sanguines, et toujours de ces papayes, mais j avais tellement mal au ventre de tout ca et de tout! J aurais vomi la terre entiere“ Emissions
ponctuelles ou s’étendant sur des périodes de temps plus ou moins longues, ces hurlements dechiraient le silence. Ce que ces deux anti-héros avaient en commun, c’était d avoir renoncé à l Art
comme moyen de s inserer, si celui ci etait suspendu a l imperatif de survie, helas. Ainsi ils hurlaient la nuit sur les dunes.
Faisant ce qu il leur semblait bon de faire, ils s egosillaient, en même tant qu un phenomene particulier se saisit de
leur personne – c est a dire très exactement l experience de la crainte de Dieu. La peur se manifestait d abord par un deversement d adrenaline du creux de la medulla des glandes surrenales... et
on aurait peur des éléments, tout simplement. Dehors la pluie n en finissait pas de tomber, d un ciel noir, en ce milieu d apres midi – orage curieux, le troisieme en une semaine, a
peine, après une canicule relative. Tout juste un peu plus chaud qu un autre mois de mai, peut etre. Maintannt l Etre allait, comme il dit, realiser la Grande Synthese. C est a dire qu il allait
jouer la Sonate au Clair de Lune à l envers, une fois de plus, au fur et a mesure que les eclairs blancs s imprimeraient dans le ciel. Ca gronde, que je pense, et je pense à un gros chat, un
Tigre. N avions nous pas acheté de la c ? Et pourquoi ne pas realiser ses reves les plus tordus, soit les pires qui existent, et qui se manifestent a ma connaissance par le fait de visions plus
ou moins conscientes.
« Nos rêves éthérés, nous les étalions comme deux gosses
bien mal en points. Le Pont de Bouse, d ici bas a l audela, se tranformerait rapidement en Pont D’Or, de l audela a ici bas. » . Tel un micro-état dôté de budgets conséquents, ils
relanceraient l’économie en créant des emplois. Une véritable faction. Ils feraient profiter le Reste du Monde de leur Richesse. Tout le monde les citerait en exemple. Ne deviendraient-ils pas
riches aux USA seulement ? Le Tiers-Monde n’en récolterait-il pas les miettes ? “Comment leur dirais-je à ces gens maleficieux? Comment me
croiraient ils? Ils me feraient arrêter sûr! Qui me jugerait alors?”.. qu il m avait dit encore. Faut se débrouiller. J essayais de me representer a quel niveau d impuissance j etais tombé
mais je n y parvenais pas. Et l’histoire de Ludwig Van et de Benoit M. pouvait commencer. Les deux prophètes se chargeraient de leur destin avec le
sérieux des poules rôties.
Les deux protagonistes se trouvaient face a un bunker, avec suffisament d heroine pour claquer. Et des
aiguilles, et des piqouzes – et le spécialiste en question, celui qui savait faire des prises de sang. Comme s il ne s agissait que de realiser la fiction requise. Ludwig Van, et Benoit M., avec Go west sur l ipod,
dans le sable des dunes – la dune du pyla. Et un gros tas de meth, de coke et de hero. Ils parleraient d un grand et beau chien qui garde la maison... “face au kilimandjaro”. Et ils realiseraient eux mêmes les illustrations, à la main, pour parachever “stupeur et tremblement”. Une Oeuvre taboue et illicite,
une oeuvre a 3 roros. “De l autre cote, sur l autre rive, commencaient mes soucis” Ou bien non. De ce qui leur arriverait ils n auraient pas ete
responsables, ni de ce que Ludwig ne pouvait arriver à quitter ses chaussures, à cause de ses gros pieds gonflés par la marche. Et la canicule, ca l
aurait bien éclaté, le caniche. Il s’était assis sur le sable dans son poil blanc. L autre avec ses grosses godasses malgré la chaleur transpirait beaucoup, bientot elle les enlevait. “Je
dormirais bien” qu elle gémit tout haut Ludwig Van. Si l abilify réveillait en gros, il rendait aussi ponctuellement somnolent, elle souffrait encore de l ingestion d une pillule l avant veille –
et bientot tout un petit monde s ecroulait. Au fond, on avait... on ne sait trop quoi. Qu on le veuille ou non ou on se trouvait maintenant, il ne ferait pas bon à se faire surprendre et mettre
au jour par les passants... Mais toujours est il que les Arabes étaient a leur trousses. Lse Arabes, soit le gang de dealers miteux, un peu, on dira d abord, pour ne pas devoiler qu ils etaient
liés à Al Kaida, et leur presence ici bas a une affaire personnelle. Mainteant, plusieurs milliers d euros auraient été détournés d un certain compte par un personnage, mon frere, un hacker qu on
appelerait Frankie. Cet argent me permettait de vivre depuis un certain temps maintenant.
Un jour les flashbacks s ordonneraient, et tout ce qui comptait, c est que les medicaments avaient cessé
de faire tout effet sur eux, puisqu ils ne consommaient plus. Benoit M. Etait comme encore cloué au sol par les relents d une piqure de haldol, derniere de son traitement, qui avait pris fin, par
levee de l hospitalisation d office, quelques semaines auparavant. Quand à Ludwig, auteur d un flop en sa jeunesse, une saloperie accompagné d une reaction desagreable des medias, il le
craignait, il s etait echappé, et l olanzapine et l acide valproique et l aripripazole cesseraient d agir. Une douce euphorie, accompagnée d une plus grande precision dans les gestes, le
soulevait par accoups. L angoisse, pourtant, l empechait de se tenir immobile un certain temps, chose eminemment genante dans un Temps Social quelconque.
Ils les suivaient, ces Arabes, mais Ludwig ne le savait pas. Benoit non plus. Devant nous les vagues
clapotaient en sombres rouleaux et je me suis assise sur le beton froid, apres les chaleurs de la journees, devant le bunker de la seconde guerre mondiale. Elles grondaient comme des tigres dans
l immensité de la nuit. Seul le ipod gresillait encore. L hero aurait ete mise de coté et le suicide ajourné. Il n en restait que la coke constituait une tentation certaine.
_ on va bien se marrer, on aura de la bonne coke, de la meth, de l'héro. on aura un grand et beau chien, qui
gardera la maison, une maison sur une colline, face au kilimandjaro - et on soignera les bébés. avec de la spiruline. tout le monde nous citera en exemple. on déconstruira la psychiatrie. nous
serons les rois du monde. c'est ainsi. bizes meine liebe” Un grand coeur en kitsch le plus
total se profile, et voilà qu il me dit bonne nuit d un smack pudique. Nous n allions pas dormir, non. Impossible avec la bonne coke que nous nous serions goinffrée. Je m allongeais pour sentir
son torse s ebranler devant moi, par petits coups mous, a chaque fois que le coeur battait. Ils étaient toujours malheureux pourtant, et si une trop grande souffrance ne les avait etouffés ils
auraient pu s aimer. “Je suis malheureux” – me dit Benoit. Et bientot nous médisions de la Société Orduriaire et du Parti. Les Arabes etaient sur le point de tracer la fiancée du Vizir, en ce
Crépuscule des Idoles, certainement. Maintanntn, qu es t ce qu il est plus important de faire... en quoi prendre davantage de plaisir, produire ou consommer-…“Hélas”, me lanca Benoit, “que n ai je plus de meth, meine liebe, pour dimanche prochain avoir le visage de travers, un
peu comme de la fatigue.” –
« Cours cours mon lapin », il me fait, de meme, encore une fois, alors que lui meme, un petit
chat mignon, se pelotonne comme de la laine contre moi. Le fétichisme du vent du soir, de la fameuse mousson soudaine, peut etre, et à Pyla plage, ou le heros atterit, avait traversé les cieux.
On avait fait de son mieux. Et ce soir, la foudre serait tombée, dans les pins, un peu plus haut. Un arbre aurait ete coupé net, sans meme un soupir sinon un grand fracas. Boum! Que cela fit
dehors. Comme on aimait pas certaines tournures par ici... certains yakaris! Voici l Heure d une Histoire d Amour
sans Faille. Celle d un Frère et d une Soeur, pareillement déplorables dans leurs Gouts, et arrivés... à une certaine debacle partagée. Mais il ne voulait pas en
entendre parler de ces machins là, Benoit. Il ne lisait plus non plus le journal, tout a fait comme moi encore, et il ne faisait pas de theatre,
jamais, il m en aurait parlé de ces sentiments là. Certes. Et le rythme cardiaque s accelere. Il etait temps de remettre Capitaine Flamm sur le ipod, en contreyuppie, un peu. Un Yuppie est
un individu qui est membre d un corps social bien particulier, défini d abord par son appartenance a l etage superieur du Tout, et sa forte mobilité qui est sa Force. Agent « libre »,
il dispose de services a offrir a la machine sociale, incarnée en une firme de taille plus ou moins importante. Ses caractéristiques socioculturelles, si elles s inscrivent dans une annexe
seulement en terme de communauté de destin, n en sont pas moins... polymorphes. Ainsi ils lisent certains livres, regardent certains films, connaissent certains personnages, peut etre. Nous ne
les aimions pas.
_ « Nein nein ! » je faisais a Chouchou caniche nain, que nous avions kidnappé, quand il faisait ce qu on nommerait un embarras plutot qu une faute – et
que la soif d un vrai Orangina me prendrait desormais très fugacement. Je débouchais la bouteille, avec mon briquet, comme je savais si bien le faire. Un vrai Orangina, soit du Sucre Pur – et de
l Orange. Le Vrai Fruit à Coque, sous sa carapace rugueuse est emballé dans un nid douillet de tissu confonctif. Le heros à ce moment là, ou encore l Etre ne reniflierait que par accoups – comme
s il avait sniffé. Mais il n avait pas sniffé, non. J avais emporté deux petites bouteilles de soda et des sandwitchs, car j aurai faim. Un petit pot de beurre, de miel, et des pommes bio.
Effectivement je pouvais simuler ce simulacre de suicide, un soir a l ocean, alors que nous regardions vers notre Grand et Beau Chien – au Benin. Ou au Kilimandjaro. “L histoire d amour est une histoire de space glitter plus qu autre chose, et ce space glitter, tu me comprends, je le repère dans les étoiles... ” – pendant ce
temps un agent de la DGSE, depuis dedans le bunker, enregistrait bien la conversation. Un chien aboyait dans l horizon. “Et on pourrait se permettre,
ensemble, enfin, d etre vraiment et un peu peter pan, et si seulement si si je t appelais clochette”. Maintenanant les exigences de l histoire nécessitent de dévoiler les identités des deux
personnages. L’Hymne à la Joie de Beethoven raisonne dans cet appartement berlinois, ou les enregistrements de la Dune étaient parvenus. Son propriétaire était, de toute évidence, maniaque. La
Société Secrète, elle, se trouvait prise d une sorte d effroi perplexe, peut etre, a l’écoute soudaine, privée des images pourtant, de ce qui se deroulait ici bas.
En realité, comme ca il ne s agirait que... que de.. deux pauvres ames –
perdues dans les plages du premier monde, elles seraient tout simplemenent en train de flamber leur jeunesse, plus si jeune, puisque tous les deux approchaient de la trentaine. Une adolescence
attardée sous forme de régression s en allait comme les acides sous les sunlights. Les aliens debarqueraient, quand meme, ce soir funeste, Benoit me l avait promis. Il ne suffisait que de partir
avec suffisament d allégresse vers son destin maintenant. La dune serait franchie le soir la nuit tombée. Le sable brulant foulé de nos pieds nus. Nous aurions d abord vu le soleil couchant,
puis, l angoisse venue.... l’idée du suicide aurait été abandonnée car elle n’intéresserait aucun éditeur. Le monologue périclitait. La trame se voyait bien trop sombre pour être comprise. En
réalité, il n y avait rien d une fiction dans ce deballement de complaisance. Las, la marchandise continuait d etre la cellule de la société bourgeoise, je me dis, mon livre ne se vendrait pas et
l alien qui nous enlevait savait juste qu il se sentait sardonique a son tour vu le monde.. .
Au lieu de se trancher les veines dans les toilettes on se serait brulé la cervelle á coup d amphète, pour le bonheur des
cons, pour le plaisir d etre con. Et certains seraient mechants comme par gourmandise, que je me dis, et fort juste, comme si moi meme n avait pas eprouvé de tels sentiments, un
peu. Le vaisseau spatial décolla pour ébranler le corps qui est mon coeur de son vombrissement. Hélas.
Capitain Flamm je le voyais enfin, il remonta ses bretelles et rigola un coup, dans son uniforme de pédé ! Il était sapé comme un Village People. Les lumières dans l’horizon se firent un peu
plus rouges, puis roses – et comme un halo se fut le déploiement de poudre fine qui est ma vie. Un instant de gloire fictive et je la regardais, sans même la voir. Et Benoit saurait de quoi il
parlait. La porte du vaisseau s’ouvrit, et le flux de lumière s ecoula de l interieur vers la surface de la planète. Elle innonda le monde dans la nuit profonde. Seules les étoiles de l
hémisphère nord scintillaient encore de leur glitter supreme. Les plus profondes sagesses du Grand Vizir, à défaut d’étre notre President, s’ecoulaient maintenant comme une clarté
foudroyante.
On regardait ca, nous autres, depuis notre nid douillet sur le bunker. Pour nous prouver a nous memes que nous etions un peu libres, nous nous
pincions les bras. Le corps, ou une serie de... connections synaptiques habituelles constituait l appreciation du reel repondait plutot bien. L
experience empirique avait été stockée en une serie d informations numériques, de manière plus ou moins indelebile. La memoire. Le cerveau est un organe enigmatique, je me disais. Il est traversé
par des phenomenes electriques. Des messages codés sous forme de potentiels sont vehiculés de manière electrotonique le long des nerfs, puis transférés sur la cellule suivante par le biais d’une
transmission électrique ou chimique. Tout cela, je le savais, comme ce qui s etait passé cette année, ce que la Science avait realisé comme progres. Les autorités étaient parvenues á produire un
scan de nos cerveaux, seulement ils n etaient pas de votre monde. Suite aux evenements des jours passés, il paraitrait que nos ames avaient été decryptées. Un texte effrayant avait ete produit
par un decodeur, il signifiait l etat de notre pensee à ce moment là, et nou nous ne comprenions toujours pas.